LE CLASSEMENT INTERNATIONAL



Ci-dessous, une modeste tentative d'explication du nouveau mode de classement international en vigueur depuis le 1er septembre 2010.



Le pourquoi
Le comment
Exemple
Suivi du classement national


Classement international



Pourquoi un nouveau système de classement international ?

Il y a déjà quelques années, la FISF a constaté que le système « PPs » atteignait ses limites : ce système fait la part trop belle à la quantité plutôt qu’à la qualité des performances, ou à la fédération française qui a sur son territoire les plus grosses compétitions (festivals de Aix, Cannes, Vichy, Championnat de France et Phases). Si certains joueurs suisses et belges se déplacent pour les festivals, tous ne peuvent se le permettre (tous les joueurs français non plus !). Sans parler des Québécois, très loin des barres internationales même en doublant leurs PP, ou des fédérations africaines qui commencent à se structurer. Une comparaison correcte des niveaux n’était plus possible.
L’idée de départ était donc d’étendre le « système super-série » au classement international. Le CA de la FFSc a demandé l’extension du système aux 4 premières séries pour éviter un système différent des autres pour cette seule série.

Comment sera-t-on classé ?

Sur la base d’un pourcentage par série. Vous pouvez vous adresser à votre comité pour obtenir une simulation basée sur la saison en cours, jusque Vichy.
Pour une compétition, le pourcentage par série est la place dans les PP de la série divisé par le nombre de joueurs de la série présents. Pratiquement, si je suis 16e d’un tournoi avec 10S1 et 10S2, je réalise 0%S1, 50%S2 et 100%S3.
Sur la saison, on réalise la somme des performances avec un système de pondération basé sur l’importance des compétitions. Le nombre de parties, la participation et leur importance dans le calendrier sont pris en compte.

Devra-t-on moins jouer ?

Le Scrabble est un plaisir avant tout, jamais une obligation. Jouer le plus possible restera intéressant pour être classé le mieux possible et prendre le maximum de plaisir, et donnera toujours plus d’occasions pour s’améliorer et améliorer son classement. Ce sera toujours mieux que se priver de jouer pour protéger orgueilleusement un classement surfait. Et plus on jouera, plus son classement sera protégé des contre-performances.
Pour que la performance soit mesurée correctement un diviseur minimum par série est déterminé en début de saison, basé sur la participation des joueurs. Le diviseur est une image de la « quantité jouée », et le diviseur minimum est fixé à ce qui a été atteint par les ¾ des joueurs de la série la saison précédente. Donc largement accessible pour le plus grand nombre tout en appliquant une pression pour plus de participation de ceux qui jouent moins. En plus, Il faudra toujours battre un certain nombre de joueurs de la série qu’on veut atteindre.

Les festivals resteront-ils incontournables ? Les petits tournois seront-ils valorisés ?

Les grandes épreuves du calendrier resteront primordiales, mais peut-être moins « obligatoires » qu’actuellement pour briller dans le classement.
Dans le système super-série, le poids des épreuves était équivalent à la participation. Cela n’est pas possible pour l’extension du système : imaginez ce qu’il faudrait jouer comme tournois pour remonter une phase 2 manquée avec près de 1600 N4 présents ! Même avec un coefficient ½ !
Le système combine donc des plafonds et des planchers.
Les planchers sont fixés à 10, 15, 20 et 40 selon la série. Si la participation est plus faible que la moitié du plancher (5-7-10-20 donc), le poids est limité au double de la participation. S’il faut que tout tournoi vaille la peine d’être joué, il ne faut pas non plus surgonfler une contre-performance.
Les plafonds sont égaux au plancher de la série multiplié par le nombre de manches. Sauf pour les compétitions internationales et le championnat national, ou un facteur 1.5 est appliqué. Un triplex sera donc limité à un poids de 30-45-60-120, le simultané mondial de Blitz à 45-68-90-180, la coupe de Savoie est limitée à 50-75-100-200 et la coupe de Vichy à 75-113-150-300.

Comment va se passer la transition ?

Au 1er septembre (en fait un peu après car il faut un peu de temps pour calculer le classement international) les séries seront déterminées selon l’ancien système. Ensuite tout le monde partira de zéro %, sans reliquat au départ. Les diviseurs minimaux seront connus, calculés à partir de la simulation et des séries obtenues selon l’ancien système.
A la fin de la saison prochaine, les joueurs seront classés selon les mêmes proportions qu’actuellement, mais sur la base du %S1 d’abord, du %S2 ensuite, etc. Les diviseurs minimaux pour la saison suivante seront calculés et les joueurs repartiront avec un abattement ¼ - ¾. Il faut noter que l’abattement ne s’applique que sur les deux dernières saisons : deux ans sans jouer remettent les compteurs à zéros.
Le classement international sera disponible toute l’année, calculé en continu sur le site de la FISF : les fédérations y intégreront leurs résultats.



La méthode de calcul.

Au 1er septembre 2010, le nouveau classement (inter)national 2010-2011 reste établi à partir de l'ancien système de calcul par accumulation de PP (points de performance).
Pour la détermination des 3 séries internationales 1, 2 et 3, c'est le mode d'attribution des PP de la FISF qui s'applique à l'ensemble des fédérations, y compris la France (décision du Comité Directeur de la FISF du 22 août 2010). Les PP obtenus dans les compétitions françaises ont donc été recalculés. Pour le classement en série 4 (nationale jusqu'au 31 août 2010), c'est le mode d'attribution français qui est retenu pour le classement national français. Les points de classement ne permettent d'accéder qu'aux séries 5 et 6.

À compter du 1er septembre 2010, donc pour la saison 2010-2011, suite aux décisions prises par le Comité Directeur de la FISF le 2 novembre 2009 et le 22 août 2010, le classement international des séries 1 à 4 (la 4e série devenant internationale) est élaboré avec un nouveau système, au pourcentage par série.

Pour chaque épreuve, la performance d'un joueur est mesurée d'abord par un pourcentage, le %Sn (n variant de 1 à 4), obtenu par la formule %Sn = (An — Pn + 1 ) / An dans laquelle An est le nombre de joueurs de le série n présents et Pn la place dans la tranche du classement de la série n.

À ce pourcentage %Sn sur l'épreuve est affecté un poids PoidsSn de ladite épreuve, généralement le nombre de joueurs de Sn en lice, avec toutefois un dispositif de majoration pour les épreuves à faible participation de joueurs Sn, et de plafonnement pour les épreuves à forts effectifs de joueurs Sn. La multiplication du %Sn par le PoidsSn donne pour chaque joueur une contribution « brute » NumSn pour l'épreuve donnée.

Les poids planchers sont fixés à 10 pour la S1, 15 pour la S2, 20 pour la S3 et 40 pour la S4. Toutefois, si la participation est plus faible que la moitié du plancher, inférieure donc à 5 S1, 8 S2, 10 S3 et 20 S4, le poids est limité au double de la participation dans chaque série. Par exception, les épreuves en une manche admises au classement international, à savoir pour le moment les seules parties des championnats nationaux interclubs, ne seront pas dotées d'un plancher, et un coefficient 0,5 y sera appliqué sur la participation dans chaque série.

Les poids plafonds sont égaux aux planchers de chaque série, ci-dessus, multipliés par le nombre de manches de chaque épreuve. Ce plafond est multiplié par 1,5 pour certaines compétitions : Championnats du Monde Élite et Blitz, Simultanés Mondiaux, Tournois du Grand Chelem International (coupes d'Aix, Cannes, Vichy, Festivals de Belgique et de Suisse), Championnats Individuels Nationaux de chaque fédération, ...

Le %Sn « brut » sur la saison pour chaque joueur est le résultat de la division de la somme des NumSn par la somme des PoidsSn de toutes les épreuves homologables disputées.

Certains ajustements ou correctifs sont toutefois à prendre en compte.

1) Pour chaque compétition, le fait de terminer dans la tranche d'une série supérieure (nsup) à sa série d'appartenance (n) se traduit par un bonus consistant à majorer de manière identique le numérateur NumSn et le dénominateur PoidsSn par la somme des NumSnsup obtenus dans les tranches des séries supérieures. NumSn' = NumSn + ∑ NumSnsup ; PoidsSn' = PoidsSn + ∑ NumSnsup

Le %Sn « ajusté » sur la saison devient donc le résultat de la division de la somme des NumSn' par la somme des PoidsSn' de toutes les épreuves homologables disputées.

Il est à noter que le %Sn « ajusté » peut se calculer après chaque épreuve homologable.

2) En fin de saison, le %Sn de la saison est éventuellement corrigé suivant deux critères :
- il faut rencontrer un minimum de joueurs de la série Sn pendant la saison. Ce minimum est défini par un quota, série par série. Si la somme des PoidsSn des compétitions disputées est inférieure au quota de la série Sn, le diviseur final est majoré à ce quota. Dans chaque série et pour chaque fédération, le quota est égal à la somme des poids PoidsSn des épreuves disputées par 3/4 des joueurs de la série considérée, la saison précédente. Ce quota peut donc varier d'une fédération à une autre.
- si le numérateur final « brut » (somme des NumSn) est inférieur à 10% du quota dans la série considérée, le %Sn est ramené à 0%.

Le %Sn (saison N) sur la saison 2010-2011 sera affecté du coefficient 0,75 et le %Sn (saison N-1) reconstitué sur la saison 2009-2010 (décision du Comité Directeur de la FISF du 22 août 2010) sera affecté du coefficient 0,25. La somme de ces deux %Sn « pondérés » (3/4 du %Sn de la saison qui vient de s'achever + 1/4 du %Sn de la saison antérieure) donnera le %Sn final, pour l'élaboration du classement international des séries 1 à 4, au 1er septembre 2011.

Les joueurs seront classés d'abord S1 par le %S1, jusqu'à atteindre 1% du nombre total de licenciés francophones, puis S2 par le %S2 jusqu'à atteindre 3% des licenciés, puis S3 par le %S3 jusqu'à 6% des licenciés, puis S4 par le %S4 pour atteindre 18% des licenciés. Dans chaque fédération, on effectue si nécessaire des récupérations de joueurs (hors reclassements) jusqu'à atteindre effectivement ces quotas dans chaque série. Le début de la S5 sera en principe déterminé en fonction d'un %S4 décroissant à partir du %S4 constituant la barre d'accès à la S4, et la moitié de ladite barre d'accès, sauf décision différente du CA de la FFSc le 2 octobre 2010. La suite du classement de la S5 n'est pas modifiée, de même que le classement de la S6 : classement aux cumuls décroissants de points de classement.



Exemples de calcul.

Pour simplfier, je me suis limité au calcul des pourcentages de S1, S2 et S3.

Imaginons 5 épreuves : TH2 TH3 TH5 TRIPLEX COUPE D'AIX
60 joueurs 110 joueurs 160 joueurs 500 joueurs 1100 joueurs
2 N1 9 N1 20 N1 25 N1 110 N1
5 N2 15 N2 32 N2 46 N2 160 N2
11 N3 22 N3 57 N3 72 N3 220 N3
Le joueur finit : 1er 8ème 33ème 80ème 105ème
On calcule son %Sn à l'aide de la formule (An — Pn + 1 ) / An : %S1 100.00% 22.22% 0.00% 0.00% 5.45%
%S2 100.00% 100.00% 62.50% 0.00% 100.00%
%S3 100.00% 100.00% 100.00% 88.89% 100.00%
On détermine le poids de l'épreuve PoidsSn en tenant compte
des poids planchers ou des poids plafonds :
PoidsS1 4 10 20 25 75
PoidsS2 10 15 32 45 113
PoidsS3 20 22 57 60 150
On calcule la contribution « brute » NumSn pour l'épreuve donnée en multipliant le %Sn par le poids Sn : NumS1 400.00 222.20 0 0 408.75
NumS2 1 000.00 1 500.00 2 000.00 0 11 300.00
NumS3 2 000.00 2 200.00 5 700.00 5 333.40 15 000.00
Le %Sn « brut » sur la saison s'obtient grâce à la division de la somme des NumSn par la somme des PoidsSn de toutes les épreuves homologables disputées : %S1 brut 7.69%
%S2 brut 73.66%
%S3 brut 97.84%
Ajustements éventuels :

Selon la série d'appartenance (n) du joueur, le fait de terminer dans la tranche d'une série supérieure (nsup) à se traduit par un bonus.


Pour que les %Sn « brut » soient validés, il faut rencontrer un minimum de joueurs de la série Sn pendant la saison.
On fait la somme des PoidsSn pour les les épreuves homologables disputées et on le compare aux quotas qui, pour la FFSc seraient :

SN1 : 305
SN2 : 439
SN3 : 637
SN4 : 988




En fin de saison.

Le %Sn final s'obtient par la formule : 3/4 du %Sn de la saison qui vient de s'achever + 1/4 du %Sn de la saison antérieure.
Cependant, ce rapport 0,25 saison passée et 0,75 saison en cours n’est pas valable en cours d'année.
Il est en fait pondéré pour éviter que la saison N compte trop par rapport au reliquat N-1.
Voir le tableau de pondération (approximatif) ci-dessous en fonction des mois qui s’écoulent :

Début du mois de Rapport N-1 Rapport N
SEPT 1.00% 0.00%
OCT 0.94% 0.06%
NOV 0.88% 0.12%
AU 5 NOV 0.86% 0.14%
DÉC 0.81% 0.19%
JANV 0.75% 0.25%
FÉVR 0.69% 0.31%
MARS 0.63% 0.37%
AVR 0.56% 0.44%
MAI 0.50% 0.50%
JUIN 0.44% 0.56%
JUIL 0.38% 0.62%
AOÛT 0.31% 0.69%
SEPT 0.25% 0.75%

Ainsi, au 5 novembre (après Aix), le rapport est de 0,86 pour la saison passée et de 0,14 pour la saison en cours.

Ce système, même s’il a sa logique, semble déroutant pour la plupart des joueurs. Surtout ceux qui reviennent d’Aix avec de bonnes perfs, les résultats de cette saison ne comptant provisoirement que pour 0,14 contre 0,75 en fin de saison. Cela rend le classement peu lisible au début. Ces mêmes joueurs performants vont être surpris de voir leur classement s’améliorer au fil du temps sans même jouer par le simple effet mécanique de ces rapports N-1/N qui évoluent dans le temps au bénéfice de la saison actuelle.